Percevez-vous le survivalisme comme une approche politique?

mardi 19 juillet 2016

Retour sur le jardinage


Salut à tous et à toutes!


Comme vous pouvez le constater, mon petit jardin va bon train! Quelques observations de mi-saison, toutefois :

  • Le maïs demande de plus grands pots. Les plants sont beaux, mais maturent très lentement. Je ne crois pas avoir de récolte importante. Utiliser des Smartpots pour courges devrait faire l'affaire l'an prochain. J'ai fait mes recherches sur le système racinaire du maïs, et il peut en prendre large, alors vaut peut-être mieux voir grand en choisissant le pot.
  • Le maïs est une plante capricieuse. J'ai dû engraisser deux fois, et il présente quand-même une carence en magnésium. Des sels d'Epsom devraient faire l'affaire.
  • Les courges d'hiver (musquée, spaghetti, citrouille, etc.) apprécient d'avoir de l'espace. Les courges d'été (melon, concombre, zuchini, etc.) sont encore plus voraces et demandent de très larges contenants.
  • Mes courges d'hiver, dans un pot à cucurbitacées Smartpot, prospèrent : 2 plants matures, un plant déficient et un tournesol en pleine santé dans un seul pot.
  • Les tournesols se contentent de peu de terre, à condition d'avoir un bon tuteur et d'être placés en hauteur.
  • Les bok-choy doivent être semés à l'extérieur quand la saison est déjà bien chaude, en début juin, pour le cas de la ville de Québec.
  • Je suis absolument, mais alors absolument incapable de faire pousser de la menthe. J'abandonne. Pourtant, c'est de la mauvaise herbe!
On apprend beaucoup en innovant, et je peux vous dire que malgré mes quelques erreurs, c'est ma plus agréable saison de jardinage depuis 6 bonnes années! Le plus important, c'est le plaisir, après-tout.

Le Chat.

dimanche 20 mars 2016

Les trois soeurs - Jardinage de survie?


Les trois soeurs
Maïs - courge - haricot

Il circule, sur Internet, depuis plusieurs années déjà une méthode de culture typique de l'Amérique et qui est attribuée aux peuples mésoaméricains : la méthode dite des trois sœurs. Selon cette méthode, chaque plante y participant procure des bénéfices aux deux autres, tout en retirant elle-même un grand avantage.

Or, si le concept de compagnonnage des plantes n'est pas nouveau, celui-ci marque l'imaginaire (et gagne en viralité) probablement pour les raisons suivantes :


  1. Il concerne trois plantes très connues et appréciées.
  2. Il est parfaitement reproductible en Amérique du Nord malgré le climat froid.
  3. Il est attribué à plusieurs cultures autochtones, ce qui, ne nous leurrons pas, contribue probablement à son caractère légendaire, les peuples autochtones profitant d'un énorme mythos lié à leur symbiose (réelle ou imaginaire) avec la nature.
(NDLR : Nous ne discuterons pas de la symbiose qu'avaient les peuples autochtones avec la nature, mais il convient de mentionner que celle-ci était loin d'être uniforme et parfaite. Il existe une si grande différence entre les Pueblos, les Mayas et les Algonquiens, par exemple, qu'attribuer à chaque peuple autochtone les attributs d'un autre relève davantage du mythe du bon-sauvage que de la réalité.)

Le but de cet article sera de démontrer les particularités d'une telle méthode, d'en démontrer les techniques et d'en faire la critique dans une optique survivaliste.

Les particularités



Il faut admettre que la méthode des trois sœurs est assez simples. En somme, il s'agit de planter, à divers intervalles et selon une certaine méthode (voir ci dessous) trois plantes qui doivent se supporter mutuellement. 

Le maïs fournit le support de culture et pousse en hauteur. Il a besoin d'un maximum de lumière, alors cette méthode lui convient très bien.

La courge est une plante rampante, qui demande aussi une bonne lumière. Elle va gagner en superficie ce que le maïs gagne en hauteur : plus de soleil. Elle va également récupérer la lumière entre les plans de maïs et couvrir le sol, ce qui ralentira la croissance des mauvaises herbes. En plus, elle peut grimper sur le maïs quand celui-ci est assez solide.

Les haricots, comme toutes les légumineuses, fournissent de l'azote au sol. Ils peuvent se contenter d'une luminosité partielle et grimpent facilement sur tous les supports végétaux (branches et tiges). Par contre, ils auront de la difficulté si la surface du support est trop lisse (plastique ou métal non-rouillé). N'oubliez pas de vous procurer une variété "rampe" et pas "naine", car les haricots nains ne grimpent jamais.


Toutefois, vous noterez que la méthode des trois sœurs présente certaines difficultés. Si elle est fort simple sur papier, elle requiert une planification détaillée du calendrier des cultures qui souffre peu d'erreur, vus nos courts étés. Elle existe une attention assez importante, car les plantes grimpantes et rampantes en font souvent à leur tête (métaphoriquement parlant). Finalement, elle requiert un peu de matériel et de l'espace.

La technique et le matériel

Avant-tout, je dois l'admettre, cet été sera ma première expérience des trois soeurs. Si j'ai déjà fait pousser des haricots (rampe ou nains) et des courges (d'été ou d'hiver), je n'ai encore jamais essayé le maïs. J'ai déjà eu un bon succès avec le tournesol, et j'espère (peut-être naïvement) que ces deux plantes sont similaires en jardin.

Bon. Cela étant dit...

Vous aurez besoin d'un espace assez vaste qui ne pourra servir qu'au jardinage. Évitez les coins de jardin, vous voudrez offrir au maïs le plus de soleil possible. Aussi, je vous suggère de choisir l'endroit bénéficiant de la meilleure luminosité de votre propriété.

Si vous habitez (comme moi!) en appartement en ville, il existe plusieurs solutions.

  1. Si vous avez une cour arrière, vous pourrez peut-être y mettre des pots et des bacs. C'est mon cas. Il faut faire attention aux animaux et aux enfants, mais en général, c'est très faisable.
  2. Si vous avez un balcon en hauteur et bien exposé au soleil, vous pourrez y mettre des pots. Le maïs et les haricots, en poussant, pourront même vous créer un volet d'intimité en dissimulant votre balcon. Pour la courge, toutefois, il faudra prévoir un espace pour qu'elle grimpe sans étouffer le maïs.
  3. Si vous êtes membre d'un jardin communautaire, demandez à votre C.A. la permission de faire pousser les trois soeurs. En effet, ils pourront vous procurer un espace dans un coin, près des clôtures, et où votre maïs ne fera pas d'ombre aux autres jardiniers. Plusieurs jardins ont un règlement contre les plantes en hauteur telles que le maïs ou le tournesol, alors informez-vous préalablement.
  4. Si vous avez un-e ami-e qui a une maison, mais pas de temps pour jardiner, ou pas l'énergie, ou pas la santé, etc. offrez-lui de jardiner dans sa cour. Vous pourrez offrir à votre ami-e la moitié de la récolte, et tout le monde y gagne!
  5. Enfin, il existe toujours le Guérilla Gardening...

Pour le matériel, c'est simplement celui du bon jardinier. Prévoyez quelques tuteurs ou des cages à tomates au cas où votre maïs serait fragile.

Je vous suggère d'utiliser des SmartPots pour cette méthode.

SmartPot, disponible en beaucoup de formats.
Les SmartPots ont l'avantage d'être facilement transportables, assez profonds et résistants au gel. Vous pourrez donc y laisser votre terre, et même vos plantes vivaces, durant l'hiver. Ils sont disponibles sur Amazon, mais aussi en centre jardin. Choisissez un modèle avec poignées, si possible N'oubliez pas que le terreau coûte cher, alors ne prenez pas un format inutilement large.

Pour la méthode qui nous intéresse, je suggère 4 SmartPots de 10 gallons (16 pouces larg. x 11.5 pouces prof.) pour occuper un carré d'environ 1.5m. Naturellement, si vous semez en pleine terre, pas besoin de pots.

Attendez le mois de mai pour semer le maïs, et assurez-vous qu'il n'existe plus le moindre risque de gel.

Vous devrez commencer par mettre du terreau neuf (fraîchement acheté) dans un SmartPot. Remplissez bien jusqu'à 1 pouce sous le rebord, et si vous le voulez, ajouter un peu de sable au mélange. Pas beaucoup, peut-être 500ml par pot de 5 gallons, car le maïs apprécie les sols sableux, et performe moins bien en sols argileux. Le sable favorise le réchauffement du sol, un autre avantage pour le maïs. Mais ce n'est pas obligatoire, car le terreau commercial (Fafard, par exemple) est très bon pour toutes les cultures.

Construisez de petits monticules de terreau d'environ 10cm de hauteur et semez à leur sommet 3-4 graines de maïs. Espacez chaque monticule d'environ 5 pouces de son voisin. Vous pourrez faire 5 dans un SmartPot de 16 pouces (4 coins 1 centre).

(Si vous travaillez directement en terre, semez le maïs en rangées ou en buttes alternées espacées de 50cm minimum. Vous devrez toutefois vous assurez que votre terre est très fertile, en ajoutant du fumier par exemple, et vous devrez pratiquer la rotation des cultures, car le maïs est TRÈS vorace.)

(Assurez-vous de faire plusieurs rangées de maïs afin d'assurer une pollinisation maximale!)


Après 10 jours (post-germination), éliminez les pousses les moins performantes de chaque butte pour n'en garder qu'une. Si une butte n'a aucune pousse (ça arrive, tous les grains ne germent pas!) prenez la pousse la plus performante que vous avez éliminée et transplantez la dans la butte vierge.

Attendez que le maïs fasse environ 15cm, puis, semez, dans des bacs à part, des haricots grimpants. Choisissez vos préférés, la variété importe peu pour la méthode des trois soeurs. Placez les bacs de haricots entre les SmartPots Vous devrez vous assurer de guider vos haricots vers le maïs, alors n'hésitez pas à employer des tuteurs ou des cages à tomates. Vous pouvez semer un plan de haricot par 15cm, jusqu'à 4 par SmartPot de maïs. 

Une semaine plus tard, dans un autre bac au pied du maïs, semez les courges. Il est difficile de dire combien de plans vous pourrez semer, ça dépend de l'espace dont vous disposez. Un plan de courge peut prendre jusqu'à 3 pieds de large, mais il peut aussi grimper. Vous pouvez donc les guider avec une cage à tomates pour qu'elles demeurent autour du maïs. La plupart des jardiniers qui pratiquent la méthode des trois soeurs semblent la laisser ramper, mais c'est plus difficile en ville, question d'espace. Vous trouverez la technique qui vous convient le mieux. Je peux vous dire d'expérience qu'un plan de courge peut très bien grimper sur une clôture Frost.

Je suggère deux bacs de courge pour 4 SmartPots, avec deux plans de courge par bac.

Comment choisir la variété de courge? Ça dépend. Si vous êtes en zone de rusticité 3 ou 4, je vous conseille de choisir des courges d'hiver, telles que des courges musquées, courges spaghetti ou citrouilles (PAS LES GROSSES ORANGES!).

Si vous êtes en zone de rusticité 5, le zucchini et le concombre ne devraient pas poser de problème.

Si vous habitez en milieu très urbain, vous pouvez compter une demi zone de rusticité de plus. Donc, si vous êtes en 4b en ville, vous pourrez vous considérer 5a. SEULEMENT pour cette méthode et dans le cadre d'un jardinage amateur.



En gros, ça conclut la technique.

Voici ce à quoi devrait ressembler la version "idéale" de la méthode des trois soeurs en SmartPots.


Naturellement, c'est une représentation théorique. Votre modèle pourra s'en inspirer, mais devra être au maximum adapté à vos conditions de culture.

Quelques astuces sur :

Le maïs : Semez en plein soleil, en rangées ou en carrés, 3 ou 4 graines sur des buttes de 15-25cm de hauteur. Arrosez bien tout au long de la saison, sauf lorsque le maïs est en phase de pollinisation.

Les courges : Semez en plein soleil, environ 1 pied de distance entre chaque graine. Arrosez la nuit (ou le soir) plutôt que le jour. Laissez grimper autant que possible si vous manquez d'espace. Portez des gants pour manipuler la plante.

Les haricots : Semez en plein soleil, environ 30cm de distance entre chaque graine. Arrosez bien, mais pas trop, que le sol soit humide mais pas mouillé. Couvrez le sol pour empêcher les mauvaises herbes d'y pousser (les feuilles des courges remplissent cette fonction). Utilisez un tuteur en matériau rugueux au toucher, sinon les fines lianes du plan ne sauront s'y accrocher. Du bois ou du métal rouillé font parfaitement l'affaire.

En survie?

On parle d'environ 750 calories par mètre carré, et c'est en étant très conservateur dans le rendement. C'est très bon.

Vous voudrez peut-être comparer avec d'autres cultures?

Bref, une méthode de culture qui s'autosuffit presque, qui offre un bon rendement moyen avec une bonne variété de plantes, plantes qui sont adaptées au climat d'Amérique du Nord et qui demandent très, très peu de traitement humain, contrairement au blé, par exemple, qu'il faut transformer énormément avant de consommer.

Je reviendrai sur le sujet après cet été pour vous faire mon bilan personnel.

Au plaisir, 

Le Chat


Bibliographie :

BRADY. N. et WEIL, R., The nature and properties of soils, 14th edition, 2007, Pearson, ISBN 978-93-325-1910-7
EMERY, Carla, Encyclopedia of Country Living, 40th anniversary edition, 2012, Sasquatch Books ISBN 978-1-57061-840-6
SHEPARD, M., Restoration Agriculture, Real-World Permaculture for Farmers, 2013, ACRES U.S.A., ISBN 978-1-60173-035-0

Les Jardins de l'Écoumène, Calendrier du Potager.
Gerbeaud.com, "Cultiver les trois soeurs - Maïs, haricots, courges".